15/08/2004

Clasica San Sebastian - Perdiguero gagne, Rebellin résiste

Bettini n'a pas la chance de l'année passée mais n'abdique toujours pas en Coupe du Monde

SAN SEBASTIAN On ne peut pas dire que les favoris de cette Clasica San Sebastian se soient trop observés ce samedi. On attendait Bettini et Rebellin aux avant-postes et ils le furent, au bon moment. Certes, on aurait pu croire qu'Astarloa se serait montré plus à son avantage sur ses terres, mais l'Espagnol connut une petite défaillance dès le début du Jaizkibel, autrement dit au plus mauvais moment.

«J'ai senti tout de suite que j'avais moins de force dans les jambes, disait-il après coup. J'ai immédiatement demandé quelque chose à boire, mais, le temps que la boisson fasse son effet, Rebellin et Bettini avaient déjà pris la poudre d'escampette.» Il est décidément toujours aussi difficile d'être prophète en son pays.

Pour essayer d'échapper aux griffes des plus forts, un groupe de 26 hommes s'était dégagé dès le kilomètre 35 (après une tentative plus précoce encore notamment de Leif Hoste). On y trouvait Dufaux, Pecharroman, Guerini, Osa, Totschnig (auteur d'une fantastique course), Atienza, Fofonov, Weening, Serrano, Noval, Sörensen, Landaluze, Gomez, Brochard, Moerenhout, Merckx, Canada, Nardello, Stangelj, Leipheimer, Kroon, Chaurreau, Moos, Hauptman, Plaza et Sgambelluri. Un regroupement partiel s'opérait 100km plus tard, mais les 10 derniers cités repartaient alors de plus belle, accompagnés de Barredo, Calvente, Inaudi et Scotto d'Abrusco. Ceux-là allaient compter un maximum de quatre minutes et demie d'avance au km 142, lorsque, à l'arrière, les Quick Step et les Illes Baleares décidaient de mettre en route, comme on dit dans le jargon. A partir de ce moment, les jours des attaquants étaient comptés. Leipheimer, Stangelj et Plaza tentèrent bien un baroud d'honneur, mais ils étaient mangés dès les premières pentes du Jaizkibel, lequel, une fois de plus, jouait son rôle de juge de paix dans la finale.

Bettini surpris au sprint

Dans l'ascension de la plus grande difficulté du jour, la sélection, comme d'habitude, allait se faire par l'arrière. Dès la moitié du Jaizkibel, Perdiguero, Bettini, Rebellin, Serrano, Martinez, Basso et l'infatigable Totschnig se retrouvaient propulsés à l'avant. L'Autrichien prenait alors la direction des opérations et faisait quasi le reste de la montée en tête du groupe, assurant ainsi un travail phénoménal pour Rebellin, son leader.

«Je dois le remercier, aujourd'hui, confiait après la course le leader de la Coupe du Monde. Car, sans sa précieuse collaboration, d'autres coureurs seraient peut-être revenus de l'arrière. C'est Georg qui a définitivement créé le trou avec le second groupe où se trouvaient notamment Ullrich, Astarloa et Valverde (NdlR: lequel avait connu un problème de dérailleur en début d'ascension et avait ainsi manqué le bon coup, sa remontée vers la tête du peloton lui coûtant de précieuses forces)

Dans la finale, le leader de Bodysol, Alberto Martinez tentait une attaque, mais il était rapidement repris par un groupe bien soudé. Basso subissait une crevaison à 10 bornes du but mais revenait sans problème. Le troisième du Tour de France aurait dû attaquer alors, puisqu'il était définitivement barré au sprint, mais l'Italien n'est décidément pas du genre offensif (ce qui lui valut d'être libéré par Giancarlo Ferretti en 2003 qui le trouvait trop passif). Il attendit donc patiemment de se faire trucider lors de l'emballage final. Un peu auparavant, Totschnig, très intelligemment, avait lui tenté sa chance en démarrant à l'influence... et s'était vu contré par Basso! Les Italiens s'étaient-ils mis d'accord pour se la jouer entre eux au sprint? C'était un peu naïf de leur part, car ils devaient connaître la pointe de vitesse de Perdiguero, lequel régla tout son petit monde sur la ligne pour remporter sa première épreuve de Coupe du Monde. Toute l'Espagne cycliste pouvait se gargariser de ce bon Tour joué aux deux meilleurs spécialistes de classiques de l'année...

De son côté, Rebellin résiste toujours face à Bettini en Coupe du Monde, mais le petit coureur Quick Step, même s'il n'a pas la chance qui était la sienne en 2003 (il avait alors gagné Hambourg et San Sebastian) grignote lentement mais sûrement son retard au classement.

Ph. V.H.

© Les Sports 2004 (08/08/2004)


20:06 Écrit par j | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.